Quand la contraception est une évidence… jamais questionnée
On pourrait dire que le projet 37 degrés commence il y a plus de 15 ans, lorsque Gaëlle, co-fondatrice, prend la pilule pour la première fois. Pour éviter une grossesse, pour calmer l’acné, mais aussi pour se sentir protégée lorsqu’elle débute sa sexualité. Et parce que c’est comme ça. Pendant plus de dix ans, chaque soir à 20h, une alarme, une discipline. Et une charge mentale silencieuse. Puis viennent les lectures féministes, les mots, les interrogations et la volonté de questionner ce qui semble aller de soi. Le désir de comprendre, aussi, ce que les hormones font au corps, à l’humeur, au désir.
« Sous pilule, j’étais endormie dans mes ressentis. Ni joyeuse, ni triste. Je n’aimais pas vraiment. »
Gaëlle, co-fondatrice de 37 degrés.
Pour Matthieu, le chemin est différent. En couple depuis le lycée, il grandit avec une évidence intériorisée : dans un couple hétérosexuel, la contraception est une affaire féminine et la pilule va de soi. Sa compagne refuse cette option, par préoccupation des nombreux impacts qu’implique un contraceptif hormonal sur le corps, la santé et le bien-être. Deux rapports à la contraception qui ne se rencontrent pas vraiment. Comment le couple peut-il trouver un terrain d’entente sans que la contraception ne devienne une source de renoncement ou de tension ? Quelle alternative, pour concilier santé, consentement et projet de vie commun ?
« J’ai réalisé que j’aurais pu aborder la problématique différemment, que ce n’était pas correct, et que c’était en contradiction avec les valeurs que je souhaite porter. »
Matthieu, co-fondateur de 37 degrés.
Des trajectoires qui se croisent
L’arrêt de la pilule est un moment de bascule pour Gaëlle. Les émotions reviennent, intenses, et le corps se réveille. En parallèle d’un essai de stérilet chaotique, elle découvre la contraception thermique par remontée testiculaire (CTRT). Une méthode encore peu visible mais qui fait immédiatement sens. Avec ce moyen, la contraception ne repose plus sur une pollution hormonale de son corps, mais sur un partage et un échange avec son partenaire, à deux.
La rencontre avec Matthieu marque un tournant. Leurs trajectoires, leurs questionnements et leurs sensibilités se rejoignent autour d’une même intuition : il existe un espace pour la contraception masculine.
« La rencontre avec Matthieu m’a permis d’enfin visualiser ce projet comme un vrai, grand projet qui a une réelle chance d’exister. Car la société est prête et que notre équipe est complémentaire et force de proposition. »
Gaëlle, co-fondatrice de 37 degrés.
La contraception masculine : un angle mort culturel
La réaction du partenaire de l’époque de Gaëlle est immédiate — et révélatrice du dernier tabou. Il aurait préféré arrêter la pénétration plutôt que de mettre en place ce moyen de contraception. Vient la colère de l’inéquité : Pourquoi est-ce que toucher aux testicules réveille chez certains hommes une panique totale ? Pourquoi le corps des hommes leur appartient bien, contrairement à celui des femmes ? La charge contraceptive ne se transmet pas naturellement et se déplace doucement, avec des éraflures.
Aujourd’hui, son partenaire a pris le relais et utilise la CTRT. La contraception est devenue une charge partagée, intégrée au quotidien, facile, non invasive et sans effets secondaires, ni pour l’un, ni pour l’autre.
Chez Matthieu, un Noël et un cadeau inattendu de la part de sa compagne : la bande dessinée « Les Contraceptés » de Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain. C’est alors que la contraception thermique entre dans le champ des possibles — parfois appelée slip chauffant, slip toulousain ou de manière plus triviale encore, remonte-couille toulousain. Il commence à lire, à se renseigner et à comprendre l’impact des hormones sur le corps. Lorsqu’il met en place la CTRT accompagné par l’association Zéro Millions, la confiance n’est pas immédiate. Sa compagne continue de surveiller ses cycles. Puis, la confiance s’installe progressivement ; spermogramme après spermogramme, rigueur du protocole, et plus tard, avec l’usage des premiers boxers 37 degrés.
Ce déplacement — du doute à l’engagement — devient un moteur. Mais si la méthode existe, encore faut-il qu’elle soit accessible, fiable, confortable. Et pensée pour durer.
37 degrés, faire de l’intime un espace d’équité
Une évidence s’impose : la contraception n’est pas qu’une affaire de femme et de méthode. C’est une affaire politique, intime et qui se discute entre partenaires. Aussi, pourquoi n’a-t-elle jamais été pensée comme un sujet de confort, de design et de désirabilité ?
C’est à ces questions que répond 37 degrés. À la croisée de l’innovation médicale et de l’intime, de l’exigence scientifique et du vécu corporel. Avec une conviction simple mais radicale : pour être adoptée, une contraception masculine doit s’inscrire dans le rythme du corps, au quotidien, sans gêne.
Faire de l’intime un espace d’équité, de confiance et de partage, ce n’est pas déplacer une charge d’un corps à l’autre. C’est ouvrir un espace de conversation, de réflexion et de responsabilité partagée.
37 degrés, c’est donner aux hommes les moyens concrets de s’approprier leur fertilité, non comme une contrainte, mais comme un geste de soin — pour soi, pour l’autre, pour leur relation avec leurs partenaire•s.

